Un projet grandiose : la route bleue.

 

Le chantier démarre en 1961. Il prévoit la réalisation d'une nouvelle digue de 8 400 mètres allant de la Pointe de L'Aiguillon jusqu'à la Sèvre Niortaise, à Puyravault ; trois nouvelles portes à la mer sont aussi prévues au débouché des canaux de la Raque, de Luçon et du chenal Vieux.

Mais, pour René Talureau, Ingénieur,  ce chantier n'avait de sens que si, à terme, on fermait complètement la baie de L'Aiguillon par la création d'une « puissante » route-digue de 5,500 km de long. Cette fameuse « route bleue » aurait relié la pointe de L'Aiguillon à celle de Marsilly, en Charente-Maritime.

 

Non seulement, elle reliait par la route Les Sables-d'Olonne et La Rochelle, mais l'ingénieur solutionnait le problème de l'eau potable du département en créant une immense retenue d'eau douce. Il allait au bout de sa logique en échafaudant un développement économique autour de « la pêche, la chasse, du yachting, d'industries nouvelles... ». Un projet qui aurait forcément « amélioré la santé et la salubrité publique... ». La « route bleue » est restée dans les cartons et dans les rêves de l'ingénieur.

Une digue faite de sable et de vase

Les locaux et entrepôts de la Cotramat étaient installés à la Pointe de L'Aiguillon.  On peut encore visiter, noyés parmi les dunes et les mizottes, des blocs de béton en ruine et à l'abandon.

Ils servaient de support à une immense grue qui prélevait le sable. Ce sable était ensuite acheminé directement sur les digues par des wagonnets circulant sur des rails. La digue elle-même étant constituée de vase prélevée au fur et à mesure de l'avancement grâce à un appareil de dragage posé sur barges.

Des écluses inachevées

Les écluses étaient préfabriquées à la Pointe aux Herbes de Champagné-les-Marais. Il s'agissait tout simplement de caissons en béton armé réalisés dans une cale sèche, toujours visible aujourd'hui.

On injectait de l'air comprimé, on ouvrait les vannes de la cale puis on tractait les blocs, qui pesaient jusqu'à plusieurs tonnes, par flottaison jusqu'à leur emplacement définitif. Il suffisait alors de lester les blocs avec du sable en fonction de la résistance de la vase.

Aujourd'hui, les écluses, inachevées, errent telles des fantômes au beau milieu des vases.

Mal préparé, le chantier a coûté quatre fois plus cher que prévu

En 1966, décision est prise de stopper les travaux. Pourquoi ? Les dépenses ont explosé et le chantier n'en est qu'à la moitié de sa réalisation : seuls deux polders sur quatre, l'écluse de la Raque et 3 720 m de digues sur 8 400 m, sont construits.

Les deux autres écluses (chenal de Luçon et chenal Vieux) et un tronçon de digue ne verront jamais leur achèvement. En 1968, la Cour des comptes publie un rapport sans appel.

La route bleue ne se fera pas…

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