Loynes de la Marzelle

Loynes de la Marzelle et les relais de la Faute.

 

 

Loynes de la Marzelle signe le bail concernant les relais de la Faute le 28 Mars 1784. Il est mentionné comme bail à rente foncière amortissable.

"Consenti par messire Gabriel Simon Leger Justin de Loynes de la Marzelle, comme mari et maître des droits de dame Catherine Gaudin, son épouse,et faisant pour messire Jean-Baptiste Symon de Galisson et dame Marie-Anne Gaudin , son épouse, à Jean Chauveau ,cabanier, et Jeanne Gaboriau sa femme, des parts et portions qu'ils ont dans les relais de la Faute situé paroisse de la Tranche, moyennant 240 livres de rente"

 

De fait, il agit en «  maître des droits de dame Catherine Gaudin, son épouse,et faisant pour messire Jean-Baptiste Symon de Galisson et dame Marie-Anne Gaudin ».

Dans un autre acte de la Baronie du Poiroux, Anne Gaudin est mentionnée « épouse non commune en biens » de Loynes de la Marzelle.

 

Catherine Gaudin et Marie Anne sont sœurs. Leur père est Pierre Nicolas Gaudin ,sieur de la Baconnière et leur mère est Marie Anne Lodre fille de René Lodre(1672-1729) sieur des Chasteigners.

« Pierre Nicolas GAUDIN, écuyer, sieur de la Baconnière, né aux Sables d’Olonne le 29 août 1713, y décédé le 19 juillet 1783. Trésorier de France au bureau des finances de Poitiers. Il avait épousé aux Sables d’Olonne le 16 octobre 1740, Marie Anne LODRE, née à La Chaume le 18 juillet 1717, décédée aux Sables d’Olonne le 5 janvier 1753, fille de Messire René LODRE, écuyer, conseiller du Roi (lui-même petit-fils de Joseph LODRE et de Jacquette GAUDIN), et de Marie FEVRE. Mariage en présence de Noble Homme André GAUDIN du BREUIL, frère de l’époux, Noble Homme Jean GAUDIN, sieur de l’Epine, Messire Jacques GAUDIN, prêtre, cousin germain, Messire Joseph LODRE, frère de l’épouse. »

 

Ce sont deux grandes familles d'armateurs des Sables d'Olonne de même que Jacques de la Chaume impliqué lui aussi dans ces marais qui nous concernent.

 

René Lodre et Jacques de la Chaume on été anoblis en conformité d'un édits de Henri IV de 1607.

Cet édit prévoyait l'annoblissement «  Et pour donner plus de courage ausdits entrepreneurs de continuer leur dessein, déclarons être nôtre vouloir & intention de gratifier & honorer du tiltre de noblesse douze d’entre eux, choisissant ceux qui ne le sont point par leur naissance, que nous jugerons avoir plus de mérite, & contribuer d’avantage à la perfection desdits ouvrages ; à condition toutesfois que ceux qui auront été décorez de ce tiltre de Noblesse, ne feront après ledit annoblissement aucun acte dérogeant à ladite qualité ; nous reservans en outre d’accroître ci-aprés le nombre de douze, si nous jugeons que faire se doive ».

Le 17 Août 1718, ils ont acquis une portion des marais d'Angles et le 31 Mai 1730, « ils acquiérent de l'Abbé de Talmont les marais de la Tranche et ils s'occupérent aussitôt leurs acquisitions , de dessécher de vastes terrains qu'ils étaient parvenus à se procurer. »

 

Nous savons donc que les Lodre et les Gaudin possedaient des terrains dans les marais d' Angles et la Tranche au moment des dessèchements engagés par Mme de la Taste en 1722 en même temps que la création du port de Moricq à travers plusieurs procès.Les noms de Gaudin et Lodre apparaissent dans les arpentements des marais de Moricq en 1732.. Madame de la Taste était devenue propriètaire à Moricq en 1720.

Catherine-Henriette de Lambert, était veuve de Étienne de La Taste, lieutenant major des gardes du corps du Roi, maréchal des camps et armées, chevalier de Saint-Louis.

 

Cela nous amène à l'hypothèse que les relais de la Faute viennent par héritage succesifs des familles Lodre et Gaudin.

Plusieurs écrits renforcent cette hypothèse .

 

Le 10 Avril 1743 sera rédigé un partage d'héritage Lodre. Il a été rédigé à la mort de Marie Febve épouse de René Lodre. René Lodre était contrôleur ordinaire des guerres. (1672-1729).

Nous trouvons dans le 4ème lot, le marais des Rouillères ( 339 arpents et 68 perches)et des Relais (78 arpents et 21 perches). Ils vont au sieur de la Baconnière Pierre Nicolas Gaudin époux de Marie Anne Lodre .

Concernant les Relais, il est mentionné « dont jouit sans payer de contribution étant en dehors des Rouillères. »

 

Dans le rôle d'imposition de la Taille de la Tranche de 1773, une Melle Lodre est mentionnée pour 93 arpents et 50 perches et Gaudin de la Baconnière pour 452 arpents et 55 perches.

 

Après la révolution nous savons que Loynes de la Marzelle est impliqué dans « le complot de la Proutière »en 1791, concidéré comme une préparation des guerres de vendée.

La Proutière qui se situe au nord de Poiroux, non loin de Bois Grolland, a vu se réunir un grand nombre de « gentilshommes poitevin » afin de préparer une riposte aux décisions prisent après la révolution.

Il avait auparavant abandonné sa fonction de maire de Longeville. (Avant la révolution, il était déjà à la tête de « la Paroisse de Longeville ».)

 

Toutes ces familles vont émigrer et se feront confisquer leurs biens qui seront alors vendus comme biens nationaux.

Marie Catherine GAUDIN fut arrêtée comme suspecte le 18 juillet 1793 et mourut en prison le 5 avril 1796. Son mari épousa en secondes noces à St-Hélier (Jersey) le 21 novembre 1797, Elisabeth Bonne Gabrielle Thérèse de FRESLON de SAINT-AUBIN.

On ne retouve pas ces biens dans les ventes de « biens Nationaux ». Certains ont récupérés les leurs . C'est le cas de François René de Vaugiraud , sieur de Rosnay, époux de Marie Lodre.

Gabriel de la Marzelle lui même va récupérer la terre de la Marzelle.

« 19 pluviôse An XI : remboursement des sommes de 1650 F 50 c et de 15648 F 60 c faite par Gabriel de Loynes, "cultivateur" aux Sables-d'Olonne, à Joseph Cortez, adjudant commandant, demeurant à Paris, absent et représenté par Jean-Antoine Gallet, propriétaire à Luçon pour l'adjudication audit Cortez de la terre de la Marzelle qu'il a acquise en bien national afin de la réserver audit de Loynes, conformément au traité passé entre eux ». (8 Février 1803.)