La Belle Henriette ( de l'origine à 1913)

 



Rappelons que le cours du Lay à l'époque paléolithique sortait dans la fosse de Chavarache après avoir longé l'ancienne côte au sud de Longeville.

A la même époque c'est la rivière Vendée qui sortait au niveau de la Belle Henriette actuelle.

 

Une première flèche de sable est alors venue détourner le cours du Lay vers le sud. C'est la formation de la Grande Parée qui va de Jard à la pointe du Grouin. On estime que cette flèche s'est fermée complètement vers 2000 ans avant JC.

 

Une deuxième flèche est alors venue repousser le Lay vers l'est au delà de la Pointe du Grouin d'abord vers l'Anse de Maupas ( mauvais passage) puis au delà de la Pointe du Rocher à la Grière.

 

Au 13 ème siècle, le Lay sort au niveau du Clos Buet au niveau de la jonction avec le Troussepoil nommé à l'époque « Etier du Chaon. »

En 1211, une charte de Fontaines  mentionne deux moulins en mer près de Moricq.

 

«  propriété du tènement qui appartenait à une dame nommée Avril, et de deux moulins situés en mer , près Moric,avec droit de passage des moines et de leurs sujets et bestiaux, mais sans charrettes, dans un pré appartenant au seigneur du dit Moric. »

 

Nous savons aussi par la lecture de différentes chartes que des terres sont cultivées au sud d'Angles dès le 11 ème siècle.

 

Une nouvelle flèche va se former de la Pointe du Rocher en direction de l'est qui va dans un premier temps retrécir progressivement l'embouchure du Lay.

 

Cette flèche sera formée dès le début du 16 ème siècle puisque nous trouvons dans les textes mention d'une « poincte de la Faute » en 1621.

A partir de cette époque, l'embouchure du Lay va s'allonger vers le sud par constitution de battures succésives,ce qui est encore le cas aujourd'hui au delà de la Pointe d'Arçais.

 

En 1704, nous sommes dans l'anse de Terre Noire. Au niveau actuel de la cabane des Rouillères, sur une carte du service hydrographique de la Marine, il est mentionné « ici on peut descendre ».

 

L'anse actuelle est formée. Une nouvelle flèche de sable partant de la Pointe du Rocher va isoler cet anse et former ce qui deviendra la lagune de la Belle Henriette.
Cette nouvelle flèche est visible dès 1850 sur une carte du service géographique de l'armée.

Ces formations de flèches ne se font pas de façon continue mais par formations de conches et de passes successives.

Ces dunes de sable sont fragiles. Et malgré les plantations ordonnées par décret impérial en 1810 la mer fait ce que bon lui semble.

 

1887.

«  A l’heure actuelle, si l’anse de l’Aiguillon se comble, la mer attaque la chaine de dunes près de la pointe du Rocher en face de Marie Louise, belle dune surmontée par un bois de jeunes pins maritimes de la plus belle venue. La mer a enlevé, de 1881 à 1884 une largeur de plus de cent mètres de sables. Un peu au nord de la Faute, la dune de la Vigie est fortement attaquée, et, sur toute la côte, un système de pieux brise-lames et de fascines tend à la protection du cordon littoral. »

 

Ref : Mémoires de la société de statistiques, sciences, lettres et arts du département des Deux Sèvres 1887.

 

Le nom de la Belle Henriette n'apparait que vers 1861 dans les recensements de population. Dans les recencements précédent depuis 1846, c'est la mention de la Jeune Henriette qui fait mention d'une cabane habitée par Jean Violet, sa femme et sa fille. Dans le recensement de 1851 ainsi que dans celui de 1856, c'est le nom de Richard Pierre et de sa femme Louise qui apparaît.

 

En 1878, sur un Plan de Dunes, nous retrouvons à nouveau cette mention de Jeune Henriette.

Pourtant dans les recensements à partir de 1866, c'est le nom de Marie Louise qui apparaît. Ce sera Marie Louise qui apparaitra ensuite jusqu'en 1906.

 

 

1906. Belle Henriette. - Lettre à Monsieur le préfet au sujet du Lay et des menaces de l'Océan à la Belle-Henriette / A. Faivre.

 

“  L'auteur alerte le préfet contre l'érosion du cordon littoral de la Belle-Henriette qui menace les polders appartenant au Syndicat des Marais de Moricq - même si paradoxalement une seconde flèche semble vouloir le doubler par accumulation progressive de dépôts (modification de l'anse des Rouillères) -, et l'envasement progressif du Lay qui empêche l'écoulement des eaux des marais.

Archive de vendée.
 

1907. Belle Henriette

« Une ferme basse, comme dissimulée derrière un repli de terrain apparaît flanquée d’une cantine en planches ou des ouvriers en sueur vont boire : c’est la Belle Henriette »

Edmond Bocquier dans le Patriote de Vendée Jeudi 26 décembre 1907.

 

1907. Tempêtes

Les dunes de la Belle-Henriette, situées dans la commune de la Tranche, ont subi un nouvel et très violent assaut lors des tempêtes de la semaine dernière. La partie de la dune protégée par le nouvel ouvrage en ciment armé, élevé par le Syndicat des marais de Moricq, a bien résisté, mais au delà, la mer a fortement entamé la dune et a sérieusement avancé sur l'intérieur.

 

Source : Lettre de M. le Sous-préfet des Sables d'Olonne à M. le Préfet de la Vendée, le 25 octobre 1907 (DDTM 85)

Edmond Bocquier 1907

 

1911. Effondrement de la grande dune.

 

Un des points faibles de la côte, véritable « ventre mou » du pays, se situe au niveau de la Belle Henriette, où la mer, à plusieurs reprises, parvint à rompre le cordon dunaire pour envahir le marais, cherchant ainsi à reconquérir son ancien fief du Golfe des Pictons, asséché et poldérisé depuis plusieurs siècles. En Décembre 1911 particulièrement, l’alerte avait été chaude. La route de la Faute ayant été coupée, on dut reconstruire plus en retrait.

 

Source : Source :Boiral m., Fage J., Lamy P., Autrefois La Tranche, un village vendéen de la Grande Guerre aux Années Folles (1914 – 1930), 272 p, 1991

 

Procès-verbaux des délibérations du Conseil général.

1e session ordinaire - Rapport du Préfet et supplément. Table alpha. (v. 266) 1912

 

LITTORAL DE LA VENDEE

Cote de la Belle-Henriette. — Défense 1911.

« En novembre et décembre derniers, des courants marins d'une grande violence, continuant les dégâts qui avaient nécessité, ii y a quelques années, la construction d'une digue en ciment armé le long de la côte de la Belle- Henriette, sur le littoral de la commune de la Tranche, s'attaquaient de nouveau à la dune non protégée, a l'extrémité sud de cet ouvrage d'art.

En quelques jours une partie importante, gazonnée et plantée d'arbres déjà vieux, fût emportée et la mer arriva à quelques mètres à peine du chemin de grande communication

n° 46.

L'émoi fut vif, non seulement dans les contrées immédiatement menacées, mais, on peut dire, dans toute la Vendée et il eut sa répercussion jusqu'a la Chambre des Députés et au Sénat.

Je tiens à vous mettre au courant tant des mesures qui ont été prises que de celles qui restent a prendre pour prévenir le désastre qui fût à la veille de se produire et qui se fût chiffré par millions. Le département est, en effet intéressé non seulement pour la conservation des routes qu'il possède dans les contrées menacées, mais aussi pour la défense de l'intégrité de son territoire et pour celle des intérêts généraux des nombreuses populations qui habitent les marais du sud.

En ce qui concerne la défense du chemin 46 proprement dite, j’ai imputé sur le crédit d'entretien de cette voie une dépense de 1005 fr. 60, qui pouvait être prélevée sans inconvénient et ne nécessitait le vote d'aucun crédit nouveau.

Quant à ce qui a été fait 11,000 francs en chiffres ronds d'ouvrages provisoires consistant en épis et clayonnages destines à détourner provisoirement la violence des courants marins et surtout à ce qui reste à faire, je ne crois pouvoir mieux vous renseigner qu'en vous donnant copie de la lettre que j'ai adressée a tous les intéressés, syndicats ou propriétaires

non syndiqués, ainsi qu'aux maires des communes comprises dans le périmètre de terrains susceptibles d'être envahis par la mer.

Les événements qui se sont produits a la fin de l'année dernière et qui continuent de se produire sur le littoral vendéen compris entre la Tranche et la pointe d'Arcay, ont fait l'objet d'articles de presse trop nombreux et surtout touchent de trop près vos intérêts prives pour qu'il soit possible de supposer que vous les ignoriez. Je ne vous les retracerais donc pas et j'estimerais même qu'il est inutile de vous les rappeler. Si les empiétements de la mer devaient malheureusement continuer et nécessiter, de toute urgence, l'adoption de mesures de défense énergiques.

Mais je considère qu'il est de mon devoir, comme représentant du gouvernement, de vous faire part, en un résumé aussi court que possible, des études qui ont été faites par les ingénieurs du Service hydraulique sur les causes du phénomène d'érosion constaté et sur les suites désastreuses susceptibles de se chiffrer par une perte de 50 millions au moins, qui sont a la veille de se produire. J’estime que cet avertissement est surtout indispensable pour ceux qui, propriétaires a une distance relativement considérable de la mer, peuvent se croire à l'abri du fléau, alors qu'ils sont peut-être les plus menacés.

Je ne doute pas qu'ainsi prévenus, tous ne reconnaissent l'absolue nécessité de se grouper et d'unir leurs efforts pour lutter victorieusement, sans aucun doute si l'union se fait, contre le danger imminent qui menace plus de 20,000 hectares de terrains et une population considérable.

« Les terrains à protéger ne sont séparés de la mer que par des dunes de sable dont la formation est due au phénomène général de cheminement du cordon littoral, qui se propage tout le long de la cote française, de la Bretagne au Golfe de Gascogne. Généralement résistant, surtout lorsqu'il est planté d'arbres, cc cordon a plutôt tendance à s'épaissir sur la plus grande partie de la côte. Mais la présence des iles sur certains points du littoral, entraine une modification locale du régime des marées et des courants littoraux auxquels celles-ci donnent naturellement lieu, et de, cette modification résultent, des bancs de sable souvent de grande étendue et toujours très mobiles, qui tantôt renforcent la protection de la partie du rivage qu'ils avoisinent immédiatement, tantôt devient l’action de la mer sur d'autres points, formant ainsi des courants. Ces courants, lors des fortes marées, atteignent une grande intensité, et viennent ruiner les dunes par leur pied, et si, à leur effet s'ajoute encore celui des lames produites par une violente tempête, .il est facile de concevoir combien peu de résistances peuvent offrir ces amas de sable léger et sans aucune consistance. Les corrosions de la dune de la Belle-Henriette, qui ont si justement jeté l'alarme dans la région, montrent toute l'étendue du péril, sans qu'il soit besoin d'insister plus longuement.

« Il est excessivement important, maintenant, de remarquer que la surface générale des marais est à la cote moyenne 5,40 au-dessus du zéro des cartes marines, c'est-a-dire du niveau moyen de la mer. Certaines parties de la ville d’Angles, les Faux, sont à une cote plus élevée, 6,51: d'autres en plus grand nombre a une cote plus basse : le Grand-Clos, le Petit-Clos Jean, Choisie, les Chaussees, 4,51; aux environs de Triaize, Beauvoir, la Charrie, les Fontenelles, sont a la cote 3,51; de même, plus a l'Est, vers Champagne et Puyravault. Il existe aux alentours de Triaize, sur quatre kilomètres de large et sur une longueur beaucoup plus grande, un véritable bas-fond en contrebas de 2 mètres sur le niveau général du marais. Il en est de même vers Longeville. Or, les hautes mers de vives eaux atteignent 6 mètres par tempêtes violentes, elles se sont même élevées jusqu'a 7m90• II s'ensuit que dans le cas de rupture des dunes, les marais insuffisamment protégés par les digues en terre seraient envahis infailliblement, même par les marées de vives eaux ordinaires ; les régions de Longeville, a l'Ouest, de Triaize et au-delà, à l'Est, en contrebas comme il vient d'être dit ci-dessus, seraient anéanties ; l'eau une fois accumulée n'en disparait en effet que par évaporation.

La situation se trouverait encore aggravée du fait suivant :

« A la suite d'une rupture de la dune, une communication directe s'établirait entre la mer et le Lay et le jeu des marées s'effectuerait par le chenal très court, ainsi créé. Le régime de la rivière serait alors complètement bouleversé, le flot étendrait de beaucoup son influence en l'amont vers la Bretonniere ; la barre mobile qui se forme au point d'équilibre du courant de

marée et du courant fluvial et qui, actuellement, se produit vers Moricq ou elle forme un gonflement de 0m68 en marée de vives eaux, serait reportée beaucoup plus haut a un point qu'il est impossible de déterminer exactement, vraisemblablement vers les abords de la route nationale au pont de la Claye, et lorsqu'une grande marée coïnciderait avec une forte crue, la hauteur résultante pourrait dépasser notablement les hauteurs actuelles ; or, il faut remarquer que tout endiguement cesse à hauteur de Saint-Benoit. Les marais de la Claye et de la Bretonniere seraient donc immanquablement, à toutes les crues, envahis par un mélange d’eau douce et d'eau salée dont l'écoulement serait extrêmement lent.

Ce serait un désastre pour plus de 20,000 hectares englobant :

La Société des marais desséchés de Moricq.

Le Syndicat des marais de la Faute dit des Chauveau;

La Société syndicale des marais de la Claye;

Le Syndicat du petit marais de la Claye et de la Bretonniere ;

La Société syndicale des marais de la Bretonniere;

L'Association syndicale des marais de Saint-Michel-en-l'Herm, Grues, Saint-Denis-du-Payre, et l'Aiguillon-sur-Mer ;

La Société du grand marais de Triaize;

et en outre quelques propriétaires qui possédant des terres intercalées entre les diverses associations, ne font partie d'aucune.

 

« En présence de l'imminence des dangers qui ont menacé les marais à la suite des tempêtes du mois de novembre, on a exécuté des travaux de fortune qui on consisté dans la construction d'épis destinés a rejeter vers le large les courants venant frapper la dune contigüe à la digue de protection des marais de Moricq et complétés par des revêtements protégeant le talus contre la lame.

«Ces travaux ne sauraient avoir un caractère définitif ; en premier lieu ils sont exécutés hâtivement et suivant les besoins du moment; en outre par suite de l'alternance du sens des courants littoraux qui se remarque le long de celle côte, les sables sont animés d'un mouvement de va-et-vient qui s'oppose a un engraissement rapide 'de la plage.

« La meilleure solution dans l'espèce semble consister dans le prolongement de 1a digue de la Belle-Henriette qui vient de faire des preuves. D'après la situation actuelle un prolongement de 300 mètres serait nécessaire; a raison de 1,000 francs le mètre, la dépense s'élèverait a 300,000 francs.

« Les travaux de fortune sus-indiqués, dont l'urgence ne pouvait souffrir de délais, ont été exécutés sur des fonds fournis par le département (1,000francs), le syndicat des marais de Moricq, (1,000 francs), le Ministère de l'Agriculture (deux subventions de 2,500 francs chacune, soit 5,000 francs), le Ministère des Travaux publics (subventions de 3,500 francs et de 2,500, soit 6,000 francs). M. le Ministre des Travaux 'publics a d'ailleurs déclaré, dans sa dépêche du 19 mars 1912, « qu’il s'agit de travaux dont l'initiative et la direction incombent essentiellement aux intéressés : communes ou propriétaires réunis en associations syndicales; l'Etat ne saurait intervenir que pour venir en aide aux collectivités locales dont les ressources

sont insuffisantes et il doit borner son concours a une fraction déterminée de la dépense qui en ce qui concerne le Ministère des Travaux publics ne saurait excéder la proportion du tiers.

« Ce n’est donc, dit M. le Ministre, qu'à titre d'avance que mon département alloue la somme de 6,000 francs mentionnée plus haut et sous la réserve formelle que sa participation financière dans les travaux provisoires déjà .exécutés et dans les travaux définitifs qui s'imposent sera limitée an tiers du total des dépenses qui sont ou seront réellement faites. »

« II ajoute qu’il ne pourra plus consentir aucun concours pour travaux de défense de la digue de la Belle-Henriette que sur le vu d'un projet complet des travaux a entreprendre pour assurer la stabilité définitive de l'ouvrage. »

« C'est, sans aucun doute, aux intéressés qu'il appartient de défendre d'abord leurs intérêts qui sont dans l'espèce, il ne faut pas l'oublier, des intérêts privés. Il est donc indispensable, vous le comprendrez sans peine, que, tous s'unissent et sans tarder afin de coopérer a l'œuvre de défense qui s’impose et devant laquelle on ne saurait atermoyer.

«il est d'ailleurs certain que l'Etat, lorsqu'il se trouvera en présence de groupements bien décidés à se défendre, leur accordera de larges subventions. Le Ministère de l'Agriculture a contribue pour moitié à la construction de la digue du syndicat de Moricq; en admettant même que les pouvoirs publics ne consentissent à participer à la dépense que dans la proportion d’un tiers, ce serait pour les intéressés une charge relativement légère. La surface à protéger représente en effet plus de 20,000 hectares, ce serait donc pour une dépense de 200,000 francs en supposant des conditions pour ainsi dire défavorables au point de vue subvention, une charge de 10 francs par hectare une fois donnée; échelonnée sur plusieurs années en procédant par voie d'emprunt, elle pourrait tomber à1 fr. 25 environ par an et par hectare pour une durée de 10 ans par exemple.

« Je suis persuadé que l'importance de l'exposé qui précède ne saurait vous échapper pas plus que la nécessité d'agir vite et d'accord. »

En adressant a tous copie de cette lettre, qui n’est que le résumé d'une étude très complète faite, sur ma demande, par les ingénieurs du service de l'hydraulique agricole, j'ai fait un pressant appel en vue de la constitution d'un syndicat général de défense analogue au syndicat des travaux de défense de la côte de l'Aiguillon-sur Mer. Cette mesure me parait, en effet nécessaire, tant pour mener a bien la construction de la digue qui s'impose que pour l'entretenir ou la prolonger, si plus tard le besoin s'en faisait sentir. une telle association, englobant ainsi toute une contrée serait aussi qualifiée mieux que toute autre pour prendre des mesures d'ensemble et d'intérêt général et entreprendre les travaux de longue haleine qu'il faudra bien arriver a exécuter pour augmenter le débit d'écoulement du Lay et prévenir ainsi les inondations désastreuses qui, depuis quelques années, dévastent avec une régularité déplorable les fertiles et riches marais du sud de la Vendee.

Je vous prie de vouloir bien approuver la dépense minime et indispensable engagée pour la défense du chemin no 46, et surtout, me donner l'appui de votre haute autorité et de votre sollicitude pour les intérêts qui vous sont confies, par une délibération motivée qui, si tel est votre sentiment, engagera tous les intéressés a suivre les conseils que je leur donne et à percevoir nettement les dangers qui les menacent.

 

Nouvelle délibération en 1913. Conseil général.

 

§ 8. — TRAVAUX DE DÉFENSE CONTRE LA MER ET CONTRE LES INONDATIONS. CÔTE DE LA BELLE-HENRIETTE

A la suite des tempêtes d'une violence exceptionnelle qui ont sévi dès le mois d'octobre 1911 et. ont continué pendant tout l'hiver, le littoral a beaucoup souffert sur un point situé entre la commune de La Tranche et l'embouchure du Lay et appelé La Belle-Henriette. Une dune, faisant suite au revêtement en béton armé, construit il y a quelques années par le Syndicat de Moricq, a été emportée sur la plus grande partie de son épaisseur ; le chemin de grande communication, établi en arrière de cette dune, a failli être coupé et les immenses marais dont il constitue l'unique protection ont été menacés d'être envahis par la mer. Des travaux de défense provisoires ont été exécutés à la hâte et ont permis de conjurer le danger. M. le Ministre des Travaux publics a fait connaître, par décision du 19 mars 1912, qu'il participerait dans les dépenses occasionnées par les travaux exécutés ou à exécuter, à titre soit provisoire, soit définitif, dans la proportion d'un tiers ; des subventions successives, dont le montant total est de 5,000 francs, ont été également allouées par M. le Ministre de l'Agriculture- Mais les épis et revêtements en pierres sèches construits jusqu'à présent, ne sont que des ouvrages de fortune et il importe au plus au degré de constituer une défense définitive. Nous avons adressé à M. le Préfet une étude rendant compte des mesures à prendre et proposé de réunir les intéressés pour leur permettre de s'entendre sur le programme à réaliser. Mais les propriétaires menacés par la rupture de la dune de la Belle-Henriette, n'ont pu se mettre d'accord pour former un syndicat libre ou autorisé et, en raison de l'importance des intérêts en jeu, le territoire à défendre représentant près de 20,000 hectares, on sera amené à envisager l'éventualité de la constitution d'un syndicat forcé en application de l'article 26 de la loi du 21 juin 1865.

 

 

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